Médicaments pouvant induire des accidents hémolytiques chez les sujets déficients en G6PD
Précautions d'emploi des médicaments en cas de Déficit en G6PD.
Remarques préliminaires très importantes à l'intention du déficitaire, de sa famille et des médecins traitants.
Deux listes de médicaments sont bien individualisées :
1- Les produits dangereux car clairement responsables d'accidents hémolytiques, pour tous les auteurs, dans la bibliographie, et dont les principes actifs sont à éviter formellement pour toutes prescriptions chez les sujets déficitaires même s'il existe des variations importantes individuelles. Ces produits peuvent être dangereux sous toutes les formes : collyre, sous-cutanée, intramusculaire, intraveineuse, pommade, etc...
2- Les produits qui ne sont théoriquement dangereux que lorsque l'on dépasse les doses thérapeutiques habituelles (inscrites dans les Dictionnaires des Médicaments comme le VIDAL et dans les notices d'emploi de chaque boîte.
Cependant le déficitaire, avant de prendre un produit de cette seconde; liste, devra en discuter avec son médecin pour être certain qu'il n'existe pas d'autre traitement aussi efficace sur sa maladie ou ses symptômes et qui ne serait aucunement dangereux en cas de déficit en G6PD.
Ces produits sont inscrits dans la Banque de pharmacovigilance française de la BIAM, créée à l'initiative de l'Université et de l'industrie pharmaceutique, sous la rubrique " Précautions d'emploi en cas de déficit en G6PD.
Trois remarques sont à lire attentivement :
1- Ces listes comportent certains médicaments qui ont été retirés de la vente dans certains pays à cause de leurs effets indésirables sévères. Ils ont cependant été conservés dans les listes des médicaments indiqués ci-dessus, car le déficitaire peut tomber malade dans un pays ou ils sont encore en vente et risqueraient de lui être prescrits.
2- Ces listes peuvent paraître comporter beaucoup plus de médicaments dangereux que certaines listes contenues dans les articles de nombreux auteurs.
La différence vient du fait que ces auteurs ont cité une famille thérapeutique dangereuse (ex : les sulfamides anti- infectieux) alors que nous nous sommes efforcés d'en dresser une liste plus complète pour aider médecins et familles.
3- Les Médicaments cités le sont selon la DCI (dénomination commune internationale) du principe actif responsable d'accidents hémolytiques en cas de déficit en G6PD ;
Cependant nous nous sommes efforcés de mettre à coté de la DCI le ou les noms sous lesquelles ces substances sont vendues en pharmacie dans la plupart des pays.
Cette liste ne peut être exhaustive. Elle a été établie en avril 2004 à partir des listes de
médicaments dangereux (liste Biam 2004; Site Rialto, USA, 99) et les listes editées et publiées par:
- I'OMS en 1989;
- le Professeur Beutler en 1991; 1994
(Beutler E., Glucose-6-phosphate dehydrogenase deficiency.N Engl J Med. 1991, 324:169-174.)
(Beutler E., G6PD deficiency. Blood. 1994 , 84:3613-3636)
- le Professeur Dreyfus en 1992;
- le Professeur Luzzatto en 1998;
(in Hematology of Infancy and Childhood, chap.18, pp.704-726, WB Saunders publ.)
- le Docteur Vulliamy en 2000
(Mehta A, Mason PJ, Vulliamy TJ. Glucose-6-phosphate dehydrogenase deficiency. Baillieres Best Pract Res Clin Haematol. 2000 , 13:21-38).
Cette liste devrait être complétée chaque année, par l'intermédiaire du médecin de famille, qui se renseignera, auprès des spécialistes hospitaliers, pour savoir si des produits nouveaux ou anciens doivent être ajoutés parce qu'ils ont entraîné une hémolyse chez un déficitaire en G6PD.
Si un déficitaire est atteint d'une pathologie qui ne peut être soignée que par un médicament de la liste " dangereuse", un dialogue nécessaire et fondamental doit avoir lieu entre le patient, le médecin traitant et le spécialiste, car il s'agit de décider ou non d'une thérapeutique qui peut s'avérer dangereuse. Prenons l'exemple du cancer: plusieurs médicaments anti-cancéreux sont cités comme dangereux pour le déficitaire en G6PD; les praticiens et le malade devront nécessairement décider ensemble (consentement éclairé), d'un traitement médical avec surveillance très régulière de la possibilité d'hémolyse (pour traiter celle-ci dès le début), ou d'un traitement par chirurgie ou radiothérapie, si cette alternative est possible.
De toute manière, en tant que déficitaire ou si quelqu'un de votre entourage est concerné, ne prenez aucune initiative (arrêt du produit, par exemple) sans en avoir discuté avec le médecin traitant.