Estimation de la fréquence du déficit en France
Prévalence
L'OMS et Beutler parlent de 0.39% ou 3.9 p. 1000 garçons. Si, sur 60 millions d'habitants, il y a 30 millions de garçons, et si 3.9 p. 1000 garçons sont déficients, il y aurait un " stock " de 120 000 déficitaires mâles en France.
Incidence
Il y a 700 000 naissances par an en France dont 50% sont des garçons (350 000 garçons par an). Si 3.9 p. 1000 sont déficitaires, il y aurait 1400 nouveaux cas par an parmi les nouveau-nés mâles.
La différence entre 1400 nouveaux cas de déficitaires par an en France et le " stock" estimé de 120 000 garçons déficitaires peut s'expliquer par l'espérance de vie actuelle en France en général, parce que statistiquement les formes mortelles sont rares et qu'il s'agit d'une maladie chronique, qui durera toute la vie. En réalité, ces estimations sont anciennes (OMS, 1989) et ne sont pas fondées sur des enquêtes épidémiologiques.
On peut penser que ces chiffres sont sous-estimés car ils ne semblent pas avoir tenu compte des migrants, en nombre important en France, venus des pays du Sud (Afrique subsaharienne, Afrique du Nord, Pays du pourtour de la Méditerranée, Asie du Sud-Est).
Les estimations sont sûrement inférieures à la réalité pour les régions où ces migrations ont été plus grandes comme la région Ile-de-France, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Corse.
D'où la nécessité d'entreprendre des études épidémiologiques pour mieux connaître les populations à risque en France métropolitaine.
Le "stock" d'hommes porteurs du déficit en France métropolitaine se situerait en l'an 2000 plutôt à 250 000 qu'à 120 000.
Lena Russo et ses collaborateurs rapportent dans la Revue du Praticien de 1992 (référence bibliographique n° 47) des statistiques que nous leur empruntons ici:
" Le recensement de la population française de 1990 fait apparaître un total de 56.6 millions d'habitants en France métropolitaine dont 3.6millions d'étrangers, soit 6.3 p. 100 de la population (2.8 millions d'étrangers nés horsde France et 740 000 étrangers nés en France).
L'INSEE distingue dans le recensement de 1990, la population étrangère de la population des immigrés. Le nombre des immigrés est de 4.1 millions en 1990, soit 2.8 millions de personnes nées hors de France et de nationalité étrangère, et 1.3 million de personnes nées hors de France et de nationalité française par acquisition.
Dans l'agglomération parisienne, les étrangers représentent 13.7 % de la population totale.
Enfin, 76% des immigrés résidant en France (soit 3.5 millions de personnes) sont originaires de pays où l'on trouve une fréquence élevée de thalassémie, de drépanocytose et de déficit en G6PD."
Ces chiffres n'ont donc pas été pris en considération par l'étude OMS qui date de 1985 et 1989. Par ailleurs, les chiffres de l'OMS (1985-1989) qui estiment la fréquence en France de 0.39 % ne tiennent pas compte des départements et territoires d'Outre-Mer (DOM-TOM).
Or les populations des DOM-TOM sont souvent " à risques " pour le déficit en G6PD, comme le montrent les estimations de l'OMS 1985-1989 pour la Martinique et la Guadeloupe (12 % des garçons) ou la Guyane (4 à 14 %).
Seules des enquêtes épidémiologiques systématiques dans les populations à risques - résidant en France ou de nationalité française - permettront de connaître la fréquence exacte du déficit en G6PD en France et de cibler avec précision les individus chez lesquels seront menées des actions de prévention spécifiques.
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